Merci beaucoup à tous ceux qui ont pris le temps (et eu le courage) de lire mon article sur Auschwitz I  et qui m'ont apporté leur témoignage et/ou leur soutien après cette longue lecture. 

Cela m'encourage dans cette démarche difficile, mais indispensable, de témoigner de ce que nous avons vu et appris lors de notre séjour en Pologne.

Après notre visite à Auschwitz I, le matin de ce samedi 29 avril, nous avons retrouvé Agnezcka vers 12h30 heures devant l'entrée de Birkenau.
Nous voilà partis pour une visite de près de trois heures. 

Elle commence par la montée dans la tour d'entrée.
De là, on peut voir toute l'étendue du camp (170 hectares) et les vestiges des pavillons, presque tous détruits.
En fait, ceux qui subsistent sont ceux qui ont été reconstruits avec les matériaux d'origine (donc, difficiles à retrouver).

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A droite, les baraquements en bois pour les hommes.

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Devant, les rails qui mènent jusqu'à la station de "tri".

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A gauche, les baraquements en brique pour les femmes.

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Nous commençons notre visite par les baraquements pour les hommes.
Un des rares baraquements "sanitaires". "Toilettes publiques" prend ici tout son sens.
Il n'y avait pas d'évacuation. Des prisonniers devaient donc vider les trous à la main. Malgré l'odeur, c'était un travail recherché, du moins en hiver. Au moins, ils échappaient aux terribles températures négatives de l'extérieur!
Et puis, l'odeur ... elle était omniprésente, les toilettes étant tellement peu nombreuses et les douches tellement rares!

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Un dortoir!
Et son chauffage (quand le charbon était livré). En fait, ce sont deux cheminées reliées entre elles par un étroit conduit sensé répartir la chaleur.
En hiver, certains prisonniers "prenaient le risque" de s'asseoir sur ce conduit pour se réchauffer quelque peu.
"Prendre le risque" ... pas à cause de la chaleur, non, non ... à cause de leurs vêtements souillés! Pas question de salir la "propriété" du Reich!

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Et ses "lits".
Trois étages, le premier étant le sol. Sur chaque étage, entre cinq et huit personnes. Pas forcément de paillasses et pas forcément de couvertures.
Ceux du haut gelaient pratiquement en hiver à cause des ouvertures sous le toit.
En été, ces baraquements étaient de véritables fournaises.

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Nous suivons maintenant les rails jusqu'au wagon situé tout au bout.

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Nous l'avons appelé "L'Arbre de Vie"
A l'arrière, les vestiges des cheminées des baraquements.

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Le wagon, semblable à ceux qui transportaient les prisonniers.
Retrouvé en pleine campagne, je ne sais plus où, il a été offert à Auschwitz pour son mémorial.
Les aérations sont très rares ... une partie du travail des nazis (exterminer) était déjà accomplie à l'arrivée.

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A Birkenau, il y avait quatre chambres à gaz.
Quand les nazis ont enfin compris que la guerre était perdue pour eux, ils les ont faites fonctionner sans arrêt afin d'éliminer un maximum de prisonniers.
 

Fait remarquable, il y avait un réseau et des actes de résistance dans ce camp : La révolte du "sonderkommando" (équipes chargées de la crémation des corps) en octobre 1944, permit de détruire une de ces chambres. Évidemment, aucun n'en réchappa!

Et, en janvier 45, ce sont les nazis eux-mêmes qui ont tout fait sauter afin d'éliminer les preuves de l'horreur!
Puis, ils ont quitté le camp avec 58 000 prisonniers "encore capables de marcher" ...  le gel, la faim, la maladie, ...
Ils laissaient derrière eux, enfermés dans les baraquements, 7000 prisonniers dont ils pensaient qu'ils seraient morts avant l'arrivée des Russes. Ce qui n'a pas été le cas!

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Entre les vestiges des fours, un Mémorial. Des dizaines de plaques commémoratives portent ce même message dans toutes les langues.

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Nous dépassons le Mémorial pour arriver près d'un petit bois et d'une vaste pelouse.
C'est là que des personnes ont été incinérées à l'air libre. Les nazis n'arrivaient pas à éliminer assez de prisonniers dans les fours crématoires existants!
Les cendres étaient ensuite dispersées dans une rivière et un lac tout proches.
Cela nous le savons grâce à un prisonnier travaillant dans les chambres à gaz voisines. Il aura probablement trouvé un appareil photo dans les bagages d'un déporté et s'en sera servi (en cachette) pour faire ces quelques clichés. Comment les photos sont-elles sorties du camp ... ??

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Le bâtiment d'enregistrement pour ceux qui pourront encore survivre un peu en se rendant utiles au Reich!

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En face, les vestiges des entrepôts qui contenaient tous les objets volés aux déportés.
On appelait cet endroit "Canada", pays symbole de richesse.

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Un peu plus loin, une serre abrite des tas d'objets qui remontent encore à la surface suite aux pluies.

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Nous revenons au bâtiment d'enregistrement.
Là, sont disposés de grands panneaux avec plein de photos. Ce sont des photos personnelles des prisonniers, des souvenirs de leur famille.
Comment ont-ils réussi à les cacher aux nazis? Cela reste un mystère.
Mais, ce qui est intéressant, c'est que des visiteurs du camp identifient parfois certaines de ces personnes.
Dès lors, celles-ci retrouvent un nom, une date de naissance, une vie avant l'horeur ...

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Une petite note d'espoir avant de replonger (une dernière fois, c'est promis) dans l'horreur en visitant un baraquement pour femmes.
On pourrait aussi appeler cela le "pavillon de la mort".
C'étaient des femmes condamnées qui y étaient enfermés, Quatre à six par étage, presque sans nourriture ni chauffage.
Pendant une semaine.

Pas forcément de paillasse ni de couverture.
Pas de sanitaires non plus, bien sûr.

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C'est après cela que nous avons quitté Agnezcka, non sans l'avoir vivement remerciée pour cette visite très instructive, mais surtout empreinte d'une très grande humanité.

Le retour vers Cracovie s'est passé dans un grand calme. Mais, je pense que les esprits bouillaient!
Difficile même d'imaginer ces horreurs, mais absolument impossible de les nier. Malgré toutes les précautions prises, trop de preuves s'accumulent.

Mon prochain article sur la Pologne sera beaucoup plus léger.
Je vous emmènerai visiter les mines de sel de Wielizcka.

Passez un bon We.
A bientôt.

Annick